Qu'est-ce que le changement climatique ? |
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Le climat mondial a connu de nombreuses modifications en traversant des périodes de réchauffement et de refroidissement. Au cours des 400 000 dernières années, la température moyenne de la planète n’a évolué que de quelques degrés. Cependant, au cours du siècle dernier, la température globale sur Terre s’est élevée de 0,7°C.
C’est cette évolution si nette sur une période si courte qui est la source de toutes les inquiétudes. Ce réchauffement global est dû à l’accroissement des gaz à effet de serre, amplifiant l’effet de serre naturel.
Qu'est ce que l'effet de serre ?

(source Mies)
L’effet de serre est un phénomène tout à fait naturel et indispensable à la vie sur Terre. Sans lui, la température moyenne de la surface de la Terre se situerait autour de -18°C au lieu des 15°C actuels. Ce n’est point l’existence d’un effet de serre qui est à l’origine du changement climatique mais son amplification due aux rejets croissants de gaz à effet de serre.
Le fonctionnement de l’effet de serre est le suivant : les rayons du soleil, absorbés à hauteur des 2/3 par la surface de la terre, sont renvoyés par réverbération dans l’atmosphère sous forme de radiations infrarouges. Certains gaz présents dans l’atmosphère, agissant telles les vitres d’une serre, empêchent ces radiations de repartir directement vers l’espace en les interceptant et les rabattant vers le sol, et participant ainsi au réchauffement de la température.
On peut comparer l’effet de serre à une voiture laissée en plein soleil ; la température de l’habitacle augmente, pour la simple raison que les vitres laissent pénétrer le rayonnement solaire mais en retiennent une partie. Le rayonnement ainsi emprisonné est source de chaleur. Il en est de même à l’échelle de la planète où ce sont des gaz appelés « gaz à effet de serre » (GES) situés dans l’atmosphère qui jouent le rôle de vitres et permettent ainsi à la Terre de conserver la chaleur d’une partie du rayonnement solaire.
La présence accrue des GES dans l’atmosphère a pour conséquence de conserver une plus grande partie de cette chaleur. Ainsi, nous faisons face depuis plus d’un siècle à une évolution significative des émissions de gaz à effet de serre et par conséquent des températures.
Qui sont les gaz à effet de serre ?
Les gaz à effet de serre sont extrêmement divers. Certains de ces gaz sont naturels, c’est-à-dire qu'ils étaient présents dans l'atmosphère avant l'apparition de l'homme et résultent à la fois de processus naturels et anthropiques (le dioxyde de carbone, le méthane, le protoxyde d'azote…). D'autres sont artificiels, c’est-à-dire exclusivement produits par les activités humaines. Il s'agit de gaz industriels comme les halocarbures par exemple.
Les principaux gaz à effet de serre sont :
L’eau (H2O)
Le dioxyde de carbone ou gaz carbonique (CO2)
Le méthane (CH4)
Le protoxyde d’azote (N2O)
Les halocarbures (CxHyFzClt)
L’hexafluorure de soufre (SF6)
L’ozone (O3)
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L'empreinte de l'homme sur le climat |
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Quelques chiffres :
La consommation d'énergie est la première source d'émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial
La déforestation est responsable de 20% des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial
Le Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat (GIEC) a conclu pour son 4ème rapport d’évaluation en 2007 que la majeure partie du changement climatique survenu durant le 20ème siècle est due à l’augmentation des émissions anthropiques de gaz à effet de serre. La très grande majorité des scientifiques s’accordent désormais sur cette conclusion.
Depuis 1750, date de la révolution industrielle et des débuts de l'exploitation des énergies fossiles, la concentration de dioxyde de carbone a augmenté de 31% et celle de méthane a plus que doublé. Le rythme d’accroissement moyen du CO2 n’a jamais été aussi important. L’augmentation des émissions de CO2 est essentiellement dû à l’utilisation massive des combustibles fossiles, celle du méthane est principalement provoquée par l’agriculture.
Même si nous n’en avons pas toujours conscience, se chauffer, se déplacer, se loger, se nourrir... Tous les actes de la vie courante engendrent des émissions de gaz à effet de serre à travers l’énergie que nous consommons, l’essence que nous brûlons... Les actions les plus émettrices sont les transports et le chauffage des logements ; des actions directement liées à nos comportements individuels.
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Notre impact, appelé effet de serre additionnel, ou effet de serre anthropique, provient de différentes sources et sous forme de différents gaz à effet de serre:
Le CO2 est le plus important gaz à effet de serre que nous émettons, son augmentation est sans précédents. L'émission de CO2 anthropique est principalement due à l'utilisation des combustibles fossiles (charbon, pétrole, gaz). Les autres grandes sources d'émission de CO2 sont les activités industrielles et la déforestation qui est à elle seule responsable de 20% des émissions anthropiques de dioxyde de carbone.
Le méthane est un gaz issu de la décomposition de la matière organique (animaux, plantes). Présent naturellement dans l'atmosphère, sa part augmente considérablement en raison de l'élevage intensif, cultures rizicoles et la mise en décharge des déchets organiques. Le stockage de ces déchets pour la production de biogaz pourrait éviter nos émissions tout en fournissant une énergie propre. Action Carbone fournit ce type d'énergie à travers des projets de compensation. Les fuites de gaz naturel représentent également une part importante des émissions de méthane. Ces fuites s'opèrent le plus souvent après l'extraction et le transport c'est-à-dire pendant l'utilisation.
Outre les gaz à effet de serre naturellement présents dans l'atmosphère nous contribuons au réchauffement climatique à travers l'émission de gaz artificiels. L'utilisation des CFC (lien glossaire CFC) dans les systèmes de réfrigération, les aérosols, ou dans les applications électriques (transformateurs, ordinateurs, téléphones portables...) participe au réchauffement climatique. La durée de vie de ces gaz pouvant aller jusqu'à quelques centaines d'années est particulièrement préoccupante.
Combien nous émettons ?
En France, les émissions de gaz à effet de serre atteignent une moyenne de plus de 8 tonnes de CO2 par an et par habitant. Un chiffre 4 fois supérieur à ce que la planète est en mesure d'absorber pour chaque être humain. Même si les entreprises, les industriels et l'Etat ont leur part de responsabilités dans ce chiffre, la Mission Interministérielle de l'Effet de Serre (MIES) a évalué que les ménages français étaient responsables de 47% des émissions de gaz à effet de serre du pays.
Sommes-nous tous responsables ?
A eux seuls, les pays industrialisés (G8) sont responsables de 60% des émissions de gaz à effet de serre à l'échelle globale, bien qu'ils ne représentent que 20% de la population mondiale. Cependant avec le développement de nombreux autres pays comme la Chine, ou l'Inde, on estime que d'ici 2050, la majeure partie des émissions proviendra des pays en développement. C'est pourquoi, bien qu'inégale au sens strict, la responsabilité n'en est pas moins globale. Cela est d'autant plus vrai qu'avec la circulation atmosphérique, les gaz émis à un endroit se répartissent autour du globe, chaque émission locale ayant de fait un impact global.
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L'urgence du changement climatique |
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Le changement climatique détruit peu à peu et d’une façon irréversible nos ressources naturelles, ses conséquences sont déjà perceptibles ;
Diminution de 10% de la couverture neigeuse depuis la fin des années 1960
Perte de 40% d’épaisseur et de 10 à 15% de superficie estivale de la banquise du pôle Nord, par rapport aux années 1950.
Augmentation du niveau moyen de la mer de 10 à 20 cm au cours du XXème siècle, soit un rythme annuel de 1 à 2 mm
Intensification des précipitations et des sécheresses dans plusieurs régions du globe.
La poursuite des émissions de gaz à effet de serre au niveau actuel induirait des conséquences plus graves à l’échelle planétaire.
Que risque t-on ?
Les hypothèses des scientifiques sur les conséquences du changement climatique sont alarmantes :
Bouleversements des températures et du régime des précipitations
Déplacement et vulnérabilité des écosystèmes : La modification des climats locaux peut avoir d’importantes répercussions sur les habitats écologiques où vivent de nombreuses espèces (ex : pour les coraux, une variation de quelques degrés de la température de l’océan peut entraîner leur mort). De plus, la trop grande rapidité des changements climatiques au regard des déplacements d’habitats pourrait entraîner une disparition d’espèces (ex : une forêt de chênes ne se déplace que de quelques centaines de mètres par siècle).
Déplacements des zones agricoles : Les zones agricoles subiront les modifications de climat au même titre que les autres écosystèmes, cela pourrait avoir des répercussions sur les ressources alimentaires de nombreux pays (ex : Avancée des vendanges de 3-4 semaines en 50 ans à Châteauneuf-du-Pape).
Impacts sur la santé : La hausse des températures pourraient entraîner des cas d’insuffisance respiratoire dans les villes et une hausse des malaises cardiaques chez les personnes âgées. De manière indirecte, les bouleversements climatiques pourraient entraîner l’émergence de nouvelles maladies, notamment l’arrivée de maladies tropicales dans les zones tempérées (paludisme, fièvre jaune…)
Extension des déserts : La baisse des précipitations et l’augmentation des températures dans certaines zones pourraient entraîner la raréfaction de la végétation et des ressources alimentaires et forcer le déplacement des populations.
Hausse du niveau de l’océan : La dilatation des océans et la fonte des glaciers devraient entraîner une hausse générale du niveau marin de 9 à 88 cm d’ici à 2100 menaçant les côtes, deltas et pleine côtières qui abritent plus de 60% de la population mondiale.
Événements météorologiques extrêmes : Le réchauffement de la planète pourrait entraîner l’intensification et l’augmentation de la fréquence des évènements climatiques extrêmes comme les tempêtes, les canicules ou les cyclones.
Le permafrost libère son méthane : les sols perpétuellement gelés en zones arctiques retiennent de très importantes quantités d’hydrates de méthane. Si ces sols venaient à fondre massivement ils pourraient alors relâcher dans l’atmosphère des quantités de méthane bien supérieures aux émissions actuelles de gaz à effet de serre
Le Gulf Stream pourrait ralentir : ce courant océanique permanent et chaud de l’Atlantique Nord qui maintient la douceur des climats de l’Europe occidentale dépend d’un différentiel de température qui existe entre les eaux tropicales et celles du pôle Nord. Si la température augmentait trop, le phénomène pourrait ralentir ou s’interrompre et Paris connaîtrait le climat de Montréal
Le changement climatique menace les hommes et leurs milieux et pourraient bouleverser de manière irréversible les conditions de vie sur Terre. Par ailleurs, à court terme, les catastrophes climatiques susceptibles de survenir pourraient concerner de plus en plus d’habitants et entraîner des coûts croissants. Ce que nous risquons de pire est de dépasser certains seuils, ce qui provoquerait des émissions de gaz à effet de serre croissantes sur lesquelles nous n’aurions aucune prise car résultant de phénomènes physiques qui nous dépassent. Il est donc fondamental d’agir dès aujourd’hui pour ne pas atteindre les limites nous entraînant dans ce cercle vicieux destructeur.
À l’échelle mondiale, les Etats ont récemment et progressivement pris conscience de la menace du changement climatique. Ils ont tenté d’y apporter des réponses à travers plusieurs rassemblements internationaux et la mise en place d’organes et de protocoles spécifiques à ce problème.
Les objectifs de réduction des émissions fixés par le Protocole de Kyoto ne sont en réalité qu’un premier pas dans la lutte contre le changement climatique. En effet, on estime que grâce au cycle naturel du carbone, 3Gt d’équivalent carbone peuvent être absorbés chaque année par les océans et la biomasse terrestre (forêts, sols…). Or le niveau d’émissions actuel est de l’ordre de 7Gt CO2 e par an à l’échelle mondiale. Pour cesser l’accroissement de l’effet de serre, il faudrait donc réduire de plus de 50% les émissions actuelles, chiffre au regard duquel les 5,2% du Protocole paraissent très en deçà de l’effort réel à fournir.
Il est donc primordial que les objectifs du Protocole soient atteints et se poursuivent. Pour cela l’élaboration de stratégies pour la réduction effective des émissions de gaz à effet de serre est essentielle.
Peut-on sauver le climat ?
La question préalable à toute action est évidemment, est-ce que ça va servir à quelque chose ? La réponse et oui, mais…
Oui, la réduction des émissions de gaz à effet de serre au niveau international est essentielle. Car si nous poursuivons nos émissions sans aucun contrôle, les évènements envisagés par les experts qui ne sont aujourd’hui que des scénarios pourraient devenir réalité et ainsi bouleverser le visage de la planète et la vie de milliards d’êtres humains. Moins nous agirons, plus les conséquences seront graves et moins nous serons en mesure de les gérer jusqu’à peut-être dépasser certains seuils qui pourraient emballer le phénomène de façon inattendue et irréversible.
Mais, nous ne pourrons pas arrêter totalement le processus en cours pour 2 raisons. D’une part, le fait de réduire nos émissions même par 4, ne permettrait pas de supprimer le surplus de gaz accumulé depuis 2 siècles dans l’atmosphère car ces gaz ont une durée de résidence de l’ordre de la centaine d’années pour certains et bien plus pour d’autres. D’autre part, les effets du niveau actuel de concentration des gaz à effet de serre ne se feront sentir qu’à retardement, les processus climatiques ayant une certaine inertie. Il est donc plus que temps d’agir.
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Quelques chiffres
La température moyenne a augmenté d'environ 0.7°C à la surface de la Terre au cours du 20ème siècle.
La température moyenne a augmenté d'environ 0.9°C, en France sur la même période.
D'ici la fin du siècle, les experts envisagent une augmentation de la température globale de 1,4 à 5,8°C par rapport au niveau de 1990.
Les 11 années les plus chaudes depuis 1850 ont toutes été enregistrées au cours des 12 dernières années (1995-2006).
Les températures moyennes de l'hémisphère Nord étaient plus élevées pendant les 50 dernières années du 20ème siècle que d'autres périodes de 50 ans depuis 500 ans
Les grandes dates de la lutte contre le changement climatique
1992, Conférence de Rio : Les chefs d'Etats et de gouvernements réunis pour le Sommet de la Terre à Rio reconnaissent la menace représentée par le réchauffement de la planète en signant la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC).
1997, Conférence de Kyoto sur l'effet de serre : 159 pays négocient un protocole international de lutte contre le réchauffement climatique qui impose aux pays industrialisés de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 5,2 % en moyenne d'ici 2012, par rapport au niveau de 1990. Le protocole, autorisé à entrer en vigueur si ratifié par 55 pays membres de la CCNUCC représentant plus de 55% des émissions en 1990, est effectif depuis février 2005 grâce à la ratification de la Russie.
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