Limites de la compensation stricto sensu |
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Au cours des derniers mois, un certain nombre d'articles ont montré que le marché émergent du carbone a été inondé par des projets de réduction d'émissions de qualité très hétérogène. Leur finalité n'est pas entièrement dénuée de sens car le but de ces projets est de créer des incitations économiques pour accélérer la transition vers une économie faible en carbone. Toutefois, à cause d'une approche parfois trop mercantile, de nombreux projets situés dans les pays économiquement pauvres avec de forts critères de développement durable se heurtent à de fortes barrières pour accéder au marché de la finance carbone.
Les problèmes subsistent à l'intérieur du MDP, qui a démontré être un mécanisme contraignant et laborieux. Les procédures complexes du MDP sont une des principales barrières auxquelles font face les développeurs de projets. Ces défauts sont en partie liés au fait que, dans l'élaboration du mécanisme, le manque de main d'oeuvre qualifiée dans les pays en développement a été sous-évaluée et reste aujourd'hui sans réponse.
Le marché volontaire du carbone est apparu en offrant simplicité et flexibilité. Le marché volontaire a permis de financer des projets à fort potentiel de développement durable qui rencontraient des difficultés à être financés par le MDP (comme les projets forestiers ou de biomasse non renouvelable). Il apporte également une assistance financière de manière simple et flexible.
Pour ces raisons, beaucoup de développeurs de projets dans les pays du Sud ont préféré s'orienter vers ce marché plutôt que celui du MDP. Mais les caractéristiques du marché volontaire du carbone sont également ses plus grandes faiblesses. Il a été en effet critiqué pour son absence de standards, d'assurance qualité forte et de transparence. En conséquence, plus d'une douzaine de standards de compensation volontaire ont été lancés ces dernières années.
Chaque standard est spécialisé sur différents éléments, et aucun n'a réussi à s'imposer comme le standard industriel. Certains tentent de copier le MDP alors que d'autres offrent une méthodologie plus souple pour réduire les coûts de transaction et délivrer le plus de crédits possibles (Kollmuss, A. et al.; SEI and Ticorona, 2008). Il doit être conservé à l'esprit que tous les standards augmentent le coût des projets et que leurs méthodologies ne sont pas aussi accessibles qu'elles pourraient le laisser supposer. Ces aspects dérangent les développeurs de projets dans les pays du Sud qui retombent maintenant dans les mêmes écueils que ceux dont le MDP a souffert.
De plus, le rapport State of the Voluntary Carbon Markets 2007: Picking up Steam publié en 2008 par Ecosystem Marketplace et New Carbon Finance mentionne que les acheteurs de crédits carbone tendent à acheter des crédits de compensation qui ressemblent à ceux du MDP, au lieu de tenter l'expérimentation et l'innovation que certains croyaient que le marché allait offrir.
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Des projets innovants au service du climat |
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Le réchauffement climatique croît constamment. En mai 2008, des scientifiques de l'observatoire de Mauna Loa à Hawaii ont déclaré que la présence de CO2 dans l'atmosphère était à son niveau le plus élevé depuis 650 000 ans, à 387 parts par million (ppm). Les plus récentes études indiquent que la hausse de 2007 a été d'environ de 2,14 ppm, et que pour les années à venir l'augmentation sera encore plus élevée.
Le point de rupture de 400 ppm sera atteint d'ici 2014 avec des conséquences climatiques majeures (inondations, sécheresse). Si l'humanité veut préserver une planète dans l'état similaire à celui qui a permis à la civilisation de se développer et auquel la vie sur Terre est adaptée, le niveau de CO2 devra être réduit à au moins 350 ppm (Hansen, J. et al, 2008).
Nous devons donc réduire notre consommation d'énergie, sauvegarder les ressources naturelles et par conséquent réduire rapidement nos émissions de carbone ! Le marché du carbone est perçu comme une des armes pour lutter contre le changement climatique. Il a pour objectif de compenser les émissions de carbone des pollueurs et à terme vise à atteindre la neutralité carbone ; ce marché est toutefois encore jeune et se structure.
D'un côté, le marché du MDP est fortement critiqué à cause de sa lenteur et de ses procédures administratives lourdes. De l'autre, le marché volontaire du carbone est poussé à suivre les tendances du MDP et n'apporte pas forcément d'innovations au marché comme on aurait pu le croire. Cette situation bloquée est due aux règles actuelles du marché qui poussent aussi bien les acheteurs que les vendeurs à se focaliser sur une certaine typologie de projets.
Les projets innovants existent pourtant : ceux concernant la reforestation, la réduction des émissions liées à la déforestation et la dégradation des forets (Reforestation, Reduced Emissions from Deforestation and Degradation, ou REDD), ou les projets de séquestration de charbon de biomasse dans les sols (Terra Preta), etc. Ils ne permettent pas uniquement d'éviter ou de séquestrer des émissions de gaz à effet de serre, mais sont extrêmement bénéfiques pour la préservation des ressources naturelles et la biodiversité, et sont de véritables projets de développement durable au sens complet du terme. Malheureusement ces projets se heurtent à un nombre considérable de barrières pour attirer les financeurs de projets à travers le marché du carbone.
En réalité, la plupart des projets de réduction d'émissions impliquant une interaction entre la matière organique et les sols ont d'énormes difficultés pour devenir éligible à la finance carbone. Ils rencontrent des problèmes comme :
L'absence de méthodologie appropriée,
Des critiques des médias,
La demande d'une mesure fiable des réductions d'émissions,
La possibilité de conduire des projets de petite échelle,
Le coût et la localisation des projets,
Et le fait que l'unique valeur d'échange du marché du carbone est la tonne équivalent dioxyde de carbone réduite par an (t CO2e/an).
Cette dernière contrainte entrave l'implémentation de projets innovants caractérisés par une large sensibilisation et l'éducation des bénéficiaires du projet. La raison est que la réduction des émissions peut être mesurée en valeur d'échange t CO2e/an, tandis que la prise de conscience des générations présentes et futures ne peut pas être prise en compte dans cette mesure (alors qu'elle est probablement plus importante qu'un simple projet de réduction d'émissions pour ralentir le réchauffement de la planète à long terme).
Il est extrêmement clair que des mesures drastiques sont nécessaires. Nous ne pouvons pas attendre d'hypothétiques décisions politiques : il faut agir !
Action Carbone a donc décidé de proposer aux entreprises une gamme de projets innovants, comme une alternative au strict marché volontaire du carbone, intitulée Alternative Carbone. Ces projets ne donnent pas droit à un certificat de compensation, mais ils vont réduire les émissions de carbone, protéger l'environnement et améliorer les conditions de vie de communautés locales. Ils vont permettront enfin de revendiquer l'engagement de votre entreprise dans la lutte contre le changement climatique et votre contribution à un développement soutenable.
Découvrez nos projets Alternative Carbone
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